Le matin du 30 mai, mon fils s’est réveillé vers 7 h et ses premiers mots ont été « Maman, j’ai été un bon garçon, est-ce que je peux aller jouer? » Aussi enthousiaste que lui j’ai répondu : « Oui ».
Mon mari était parti faire des courses et avait dit à mon fils Julian qu’il serait de retour bientôt et l’emmènerait jouer. Vers 10 h 30, il a téléphoné pour dire qu’il arrivait et pendant que nous discutions, l’automobile est tombée en panne. J’ai réalisé que Julian ne pourrait probablement pas aller jouer. J’ai téléphoné aux parents de son ami pour leur dire. Le père m’a informée que son épouse était partie faire des courses et qu’il me rappellerait. Cinq minutes plus tard, celle-ci me téléphonait de son cellulaire. Elle était tout près de chez nous. Elle est venue chercher Julian et m’a dit de ne pas m’inquiéter, que tout irait bien et qu’elle serai heureuse de le ramener à la maison. J’en étais ravie pour lui. Il s’est précipité vers la voiture, Je ne l’avais jamais vu si content.
Vers 14 h 5, le téléphone a sonné. Ma fille a répondu et elle avait un regard très étrange. Je lui ai enlevé le récepteur et j’ai vu que je parlais à la mère de l’ami de Julian. Elle criait, « Appelez chez moi, appelez chez moi, il n’a pas voulu écouter. » Je ne comprenais pas…alors il m’est venu à l’esprit qu’elle n’était pas à la maison.
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Julian était un enfant heureux qui avait hâte de perdre ses dents.
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J’ai raccroché immédiatement et j’ai appelé chez elle. Un agent de police m’a répondu et m’a dit que mon fils avait eu un accident dans la piscine, que les ambulanciers paramédicaux s’occupaient de lui. On m’a informée qu’il serait transporté par hélicoptère à l’hôpital local et que nous pouvions nous y rendre. Les agents de police sont venus nous chercher et nous ont emmenées à l’hôpital.
À notre arrivée, les premières personnes que nous avons vues étaient l’aumônier et un travailleur social. À ce moment j’ai su que mon bébé chéri était mort. On nous a emmenées dans une salle pour le voir. Son corps était gelé, ses lèvres mauves, ses cheveux mouillés et son haleine sentait le vomi. Je n’ai jamais ressenti une telle douleur de toute ma vie. Je me rappelle avoir prié Dieu en route vers l’hôpital : « Je t’en prie mon Dieu, qu’il soit dans le coma, tout, mais qu’il soit en vie. »
Nous avons attendu pendant des heures à l’hôpital, jusqu’à ce que les agents de police viennent nous expliquer les circonstances exactes de sa noyade. On nous a informées que les parents avaient laissé Julian et deux autres enfants, âgés de trois et cinq ans, aux soins d’une bonne pour aller au cinéma. Ils avaient une piscine dans la cour de leur résidence, qui n’était ni clôturée convenablement ni recouverte. De plus, leur bonne en savait pas nager.
Je ne comprendrai jamais ce que je viens d’écrire. Ça n’a toujours aucun sens pour moi. Comment ont-ils pu avoir si peu d’égard pour mon fils? Pourquoi l’inviter à jouer et ne pas rester à la maison? Pourquoi leur piscine n’était-elle pas sécuritaire? Pourquoi ont-ils laissé ces enfants avec quelqu’un qui ne pouvait pas les protéger? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?
Il ne nous reste que les merveilleux souvenirs d’un très bel ange qui est venu nous visiter pendant six ans.
Chaque fois que vous placez l’enfant de quelqu’un d’autre sous votre garde, vous êtes responsable. On doit surveiller les enfants de très près, parce qu’ils n’obéissent pas toujours, c’est ce qui fait qu’ils sont des enfants. Ça semble avoir du bon sens, ça semble évident sans qu’on ait à le dire, enfin je le croyais.
Julian avait une dent qui branlait et il était très excité au sujet de la venue imminente de la fée. Mais il n’a jamais eu la chance de perdre cette dent…ainsi qu’un million d’autres choses qu’il ne fera jamais.
Aimez et chérissez vos enfants chaque jour. Serrez-les contre vous, embrassez-les, gardez-les près de vous, mais surtout, surveillez-les étroitement. Vous ne savez jamais, lorsque vous leur envoyez des baisers et que vous leur dites de bien s’amuser, si c’est pour la dernière fois.