Prévenir l'hypothermie

En résumé, l’hypothermie signifie que le corps perd sa chaleur plus vite qu’il ne peut en produire. Elle se produit lorsqu’une personne est exposée à l’humidité (pluie, condensation), au vent et au froid sans vêtements appropriés et sans abri adéquat. Ce que vous devez d’abord faire si vous êtes perdu est de vous protéger des effets de l’hypothermie.

De nombreuses personnes croient à tort qu’elles peuvent souffrir d’hypothermie seulement en eau glacée au cours des saisons froides. Ce n’est pas le cas. Personne n’est à l’abri de l’hypothermie, en toute saison, dans l’eau comme sur terrain sec.

Lorsque vous prévoyez une activité de plein air comme le camping ou le ski de fond, il y a plusieurs moyens de vous préparer afin de prévenir l’hypothermie :

Portez plusieurs couches de vêtements et emportez des vêtements supplémentaires dans un sac à dos. De cette façon, vous pourrez changer de vêtements si vous êtes trempé. Ne portez pas de jean, ce pantalon se mouille facilement dans la pluie et la neige. Portez plutôt des vêtements isolants comme un chandail de laine, un coupe-vent et un imperméable.

Emportez des aliments à haute teneur énergétique et mangez souvent. Les aliments vous procurent de la chaleur et remplacent l’énergie que vous perdez lorsque vous marchez ou que vous skiez. Le régime alimentaire n’a pas sa place en camping d’hiver ou en ski de fond. Vous avez besoin de calories supplémentaires pour conserver votre énergie et vous garder au chaud.

Buvez beaucoup de liquides chauds comme de la soupe afin de prévenir la déshydratation.

Ne consommez pas d’alcool! Il obscurcit votre jugement et accélère la perte de chaleur.

Isolez-vous de la neige. Ne vous assoyez pas dans la neige lorsque vous prenez une pause. Placez un sac entre vous et la neige afin d’éviter de vous mouiller. Assis dans la neige vous perdrez rapidement votre chaleur, ce qui favorise l’hypothermie.

Quels sont les facteurs de risque?

Les grands froids, les vêtements mouillés (en particulier lorsqu’il vente) et le fait de se trouver en eau froide peuvent favoriser l’hypothermie. Les personnes âgées, les jeunes enfants ou les gens qui souffrent de problèmes de santé sont les plus à risque.

Risques pour les personnes âgées

Les gens de 65 ans et plus sont particulièrement vulnérables car ils peuvent souffrir de maladies ou prendre des médicaments qui interfèrent avec la capacité de l’organisme à réguler sa température.

Risques pour les très jeunes enfants.

Les enfants sont très vulnérables à l’hypothermie, en toute saison.

Les enfants peuvent perdre leur chaleur plus facilement que les adultes. La proportion de leur tête par rapport à leur corps est plus grande que chez les adultes, ils sont donc plus prédisposés à perdre leur chaleur par la tête. Les enfants ne tiennent pas toujours compte du froid car ils s’amusent trop pour y penser. Ils évaluent mal la façon de bien s’habiller par temps froid ou le moment de à la maison quand ils commencent à ressentir le froid. Le problème est particulièrement grave pour les nourrissons parce que leurs mécanismes de production de chaleur sont moins efficaces

D’autres facteurs vous exposent au danger :

Troubles psychiatriques

Les individus atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre affection qui entraîne une débilité mentale ne sont pas toujours conscients des risques que comporte l’exposition au froid. Il arrive fréquemment que les gens qui souffrent de la maladie d’Alzheimer se perdent et beaucoup d’entre eux sont incapables de retrouver le chemin de la maison, les laissant sans moyens et vulnérables aux intempéries.

Consommation d’alcool

Quand vous buvez de l’alcool vous vous sentez bien intérieurement, mais la capacité de votre organisme à conserver la chaleur diminue. Vous ne pouvez boire et conduire un bateau ou toute autre embarcation. L’alcool affaiblit votre capacité de naviguer sur l’eau, augmentant les risques d’accident et de chute dans l’eau froide.

Troubles médicaux

Certains états pathologiques affectent la capacité de l’organisme à répondre au froid ou à produire de la chaleur. Parmi ceux-ci on compte l’hypothyroïdie non traitée, l’accident vasculaire cérébral (ACV), les formes graves d’arthrite, la maladie de Parkinson, les traumas, les traumatismes médullaires, les brûlures, les affections des vaisseaux sanguins ou des nerfs qui affectent les sensations dans vos extrémités (par exemple, la neuropathie périphérique chez les diabétiques), la déshydratation et tout autre état qui limite l’activité ou entrave l’écoulement sanguin. Il est fréquent de retrouver au moins un de ces facteurs de risque chez les personnes âgées.

Température de l’eau

La durée pendant laquelle vous demeurez dans l’eau est un autre facteur qui contribue au risque d’hypothermie. La rapidité du sauvetage est cruciale lorsqu’une personne tombe accidentellement dans l’eau froide. Vos chances de survie dépendent du degré de température de l’eau; plus elle est froide, plus vos chances diminuent.

Une randonnée se termine mal

Blottis l’un contre l’autre, en position fœtale dans les arbustes dans un blizzard déchaîné, à 11 000 pieds d’altitude, Bob Paré et Greg Davison, âgés respectivement de20 et 16 ans, croyaient qu’ils s’en tireraient.

Mais au matin, Bob a réalisé que son jeune frère était mort, ou sur le point de mourir et qu’il avait de bonnes chances d’y rester lui aussi.

Il a du attendre une autre heure avant l’aube, serrant le corps immobile de son frère contre lui, avant de pouvoir partir à la recherche de secours.

 Sa descente pénible du St. Mary's Glacier dans les conditions rigoureuses de l’Arctique, légèrement vêtu, a débuté par un projet d’excursion d’une demi-journée avec son frère, le samedi matin.

 Natifs du Colorado, les deux jeunes hommes savaient que les conditions en montagne peuvent changer rapidement, mais ils ne s’attendaient à rien de pire qu’une averse de pluie.

 « Trois jours avant juin, nous ne nous attendions sûrement pas à une pareille tempête, » rapporte Bob le jeudi suivant.

Les deux frères ont quitté le début du sentier vers le St. Mary's Glacier, empruntant une boucle qui les mènerait au sommet de la montagne puis vers le glacier, raconte-t-il.

 Ils portaient tous les deux un tricot de corps, un T-shirt et un jean. Ils ont emporté des coupe-vent et des chandails en molleton. Leur chien Nikki, un boxer tavelé rouge, les accompagnait.

Environ une heure après le départ, une tempête arctique s’est abattue sur la montagne, engouffrant les frères avec des vents de 97 km/h et les plongeant dans un voile blanc. On pouvait à peine voir à 20 mètres.

 « Nous pensions que c’était temporaire, » raconte Bob. « Nous étions déjà sur le chemin du retour alors nous avons continué à descendre. »

Mais ils ont rapidement été désorientés.

 Comme il était près de 17 h, les frères on décidé de construire un abris improvisé sur le côté d’une paroi rocheuse incurvée.

Bob a empilé des arbustes et des petits arbres afin de former deux murs. Il a appuyé son jeune frère contre l’un des murs et l’a couvert partiellement avec son corps pour le protéger de la force des rafales.

Nikki s’est couché sur les deux frères et Bob a rabattu les murs improvisés sur eux.

Les deux frères sont demeurés ainsi à une température de moins 11 oC pendant environ 12 heures, frissonnants, en parlant et en essayant de rester éveillés. Aucun des deux n’envisageait la mort comme éventualité.

« Nous n’avions jamais pensé qu’une telle chose pouvait se produire. nous étions optimistes, » ajoute Bob. « Nous avons discuté toute la nuit et ça ne nous est jamais venu à l’esprit. »

Mais au matin, Bob s’est rendu compte que son frère n’allait pas bien.

 « Vers 5 h, il a commencé à marmonner comme s’il rêvait. J’ai essayé de le réveiller mais je n’y arrivais pas » affirme Bob. « J’ai réalisé qu’il souffrait de grave hypothermie. »

 Comme il faisait encore noir, Bob a du attendre encore une heure avant de partir chercher de l’aide. Il a jeté un dernier coup d’œil à son frère avant de le quitter à 6 h 20.

 « Je ne sentais plus son pouls, ses pupilles étaient dilatées et il ne réagissait plus du tout, » dit-il. « Il était mort ou bien près de la fin. »

 Bob a essayé d’emmener Nikki pour le guider mais en vain, le chien est retourné se coucher sur Greg.

Bien que la tempête ne se soit guère calmée, Bob croyait à tort pouvoir descendre la montagne facilement.

 Souffrant d’hypothermie, ses vêtements glacés collant à sa peau, Bob a dévalé la montagne comme s’il était ivre.

 « J’errais dans tous les sens et le vent me faisait tomber sans arrêt, » dit-il. « Je m’assoyais pendant une minute puis je me levais et je repartais. »

Après une nuit dans les buissons

Vendredi, le 9 août 2002, à Fredericton dans le Nouveau-Brunswick, les recherches pour retrouver un bambin de 5 ans ont pris fin suite à une battue de 15 heures, lorsque celui-ci a soudain émergé d’un buisson épais, après une nuit passée à l’extérieur, serrant contre lui un singe en peluche bleue.

Brandon Dunfield a déclaré qu’il cherchait son chat Sadie dans les bois et qu’il avait été désorienté. À la brunante, il a rampé sous un arbre dont les branches reposaient sur le sol et il a passé la nuit tenant son chat, avec son jouet comme oreiller.

La GRC, plusieurs équipes de recherches et de secours, la Croix Rouge et les voisins de la famille ont ratissé le secteur toute la nuit. Un magasin à proximité est demeuré ouvert pour les bénévoles.

Un hélicoptère de la base des Forces canadiennes de Gagetown s’est joint aux recherches dans la matinée; des travailleurs ont drainé un étang des environs.

« Ça été le pire moment de ma vie, » déclare Mindy Harnish, la mère de Brandon.

« Les enfants sont rapides et astucieux et on doit les avoir à l’œil en tout temps. »

Le bambin a répondu à un appel des sauveteurs vers 10 h 45. Suivant les consignes de sa mère, il a demandé aux étrangers de s’identifier avant de sortir des bois. Il se trouvait à peine à 500 mètres de chez lui.

La température a chuté à 7 oC pendant la nuit. Les agents de la GRC craignaient l’hypothermie mais un examen n’a révélé que des morsures d’insectes et quelques égratignures.

Il a raconté aux deux sauveteurs qu’il avait combattu un ours au cours de la nuit et lui avait suggéré de trouver un autre endroit où passer la nuit.

 Le chat a été retrouvé indemne.

L’hypothermie terrestre se manifeste souvent par des moments de désorientation et d’hallucinations. Il est important de savoir reconnaître les premiers signes d’hypothermie.

En toute saison, les randonneurs pédestres sont sujets à l’hypothermie. Assurez-vous d’emporter des vêtements de surplus!

Reconnaître les symptômes...

La chute de température de votre corps à 35 oC ou au-dessous est un signe clé de l’hypothermie. Cet état se manifeste progressivement et souvent les gens ne réalisent pas qu’ils ont besoin de soins médicaux.

température de l’eau recommandée pour réchauffement corporel

température normale du corps

symptômes d’hypothermie

température de la peau

inconscient mais réponds à la stimulation

coma

mort

Portez attention aux symptômes suivants : le frisson, qui signifie que votre corps essaie de produire de la chaleur par l’activité musculaire, de même que la difficulté à parler, à penser et le manque de coordination. Ces comportements peuvent résulter de changements dans la coordination motrice et les niveaux de conscience suite à l’hypothermie.

Parmi les autres symptômes notez :

  • les trouble de l’élocution;
  • la respiration anormalement lente;
  • la peau pâle et froide;
  • la fatigue, la léthargie ou l’apathie.
La gravité de l’hypothermie peut varier, selon le degré de refroidissement de votre corps. Si elle est grave, elle mène à l’insuffisance cardiaque et respiratoire et éventuellement à la mort.
Remédier à la situation...

Recherchez immédiatement des soins médicaux si quelqu’un manifeste des signes d’hypothermie. En attendant, suivez-ces directives pour venir en aide à cette personne.

Quoi faire

Mettez la personne à l’abri du froid. Il est essentiel de prévenir toute perte de chaleur additionnelle. Si vous êtes incapable de la déplacez, protégez la du vent et du froid du mieux que vous le pouvez.

Les vêtements mouillés contribuent grandement à la perte de chaleur naturelle. Changez-les dès possible!

Retirez les vêtements mouillés. Si la personne porte des vêtements mouillés, retirez-les et remplacez-les par des vêtements secs. Couvrez sa tête. Essayez de ne pas trop la bouger. Coupez les vêtements au besoin.

Isolez le corps de la personne du sol glacé. Étendez-la sur le dos, sur une couverture ou une autre surface chaude.

Surveillez sa respiration.

Une personne qui souffre de grave hypothermie peut paraître inconsciente, son pouls ou sa respiration peuvent sembler absents. Si sa respiration s’est arrêtée ou semble dangereusement faible ou légère, procédez sans tarder à la réanimation cardio-respiratoire (RCR) si vous avez reçu la formation.

Partagez la chaleur de votre corps. Pour réchauffer la personne, enlevez vos vêtements et couchez-vous à côté d’elle, peau contre peau. Couvrez-vous tous les deux avec une couverture.

 Donnez-lui des breuvages chauds. Si la victime est alerte et capable d’avaler, faites-la boire un breuvage sans alcool pour la réchauffer.

Ce qu’il faut éviter

N’appliquez pas de chaleur directe. L’eau chaude, les coussins chauffants et les lampes à rayons infrarouges sont à proscrire. Appliquez plutôt des compresses chaudes au cou, à la paroi thoracique et à l’aine. N’essayez pas de réchauffer les bras et les jambes. Ceci repousserait le sang froid vers le cœur, les poumons et le cerveau. La température du corps chuterait et la mort pourrait s’ensuivre.

Évitez de masser ou de frottez la personne. Manipulez la victime avec délicatesse car elle risque un arrêt cardiaque.

Évitez les boissons alcoolisées. L’alcool réduit la capacité de l’organisme à conserver la chaleur.

Une excursion en montagne se termine mal. Un seul garçon survit, pleurant la mort de son jeune frère et meilleur ami.

Une randonnée se termine mal (suite)

Après environ un mille, Bob s’est écroulé pour la dernière fois.

 « Je n’en pouvais plus, c’était fini, » dit-il. « Je n’avais jamais été aussi épuisé de ma vie. »

 Un secouriste, qui était à leur recherche avec l’équipe de sauvetage d’Alpine, l’a entendu crier à l’aide et l’a retrouvé.

 Les sauveteurs l’ont promptement ramené au stationnement, deux milles plus loin, où le personnel médical a été forcé de couper le jean gelé de ses jambes et les souliers de ses pieds afin de traiter ses orteils, atteints de graves engelures.

 Suivant les indications de Bob, les sauveteurs ont mis deux heures à retrouver le corps de Greg,

et ce grâce au manteau de couleur jaune vif que portait Nikki, toujours couché sur son maître.

On a constaté le décès de Greg Davison au pied de la montagne.

 Bob Paré a subi des engelures aux bras, aux jambes et aux pieds. Seuls ses pieds ne sont pas encore guéris. Il ne s’attend pas à perdre un orteil.

 Le chien Nikki a survécu indemne à cette épreuve.

Voyez aussi:


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